Sénologie
Inhibiteurs de kinases cycline-dépendantes dans le traitement des cancers du sein en phase précoce : actualités et challenges
Par
le Dr Simon
Nannini (INSTITUT JULES BORDET - ANDERLECHT) et le Pr Gilles
Freyer (CHU - LYON)
10 novembre 2025
Les inhibiteurs des kinases 4 et 6 dépendantes des cyclines (iCDK4/6) ont profondément modifié la prise en charge des cancers du sein hormonodépendants au stade avancé. Plus récemment, l'abémaciclib et le ribociclib ont démontré un bénéfice en association avec l'hormonothérapie adjuvante chez les patients atteints de formes localisées à haut risque de rechute. En revanche, les résultats obtenus au stade néoadjuvant restent plus contrastés.
Trois d’entre eux sont actuellement disponibles en France : l’abémaciclib, le palbociclib et le ribociclib. Au vu de leur bénéfice au stade avancé, ces trois thérapies ciblées ont été évaluées à un stade plus précoce de la maladie, notamment chez les patients à haut risque de récidive, dont 24 à 31 % rechutent à 7 ans malgré une chimiothérapie et une hormonothérapie périopératoires considérées optimales [2]. Actuellement, seuls l’abémaciclib et le ribociclib ont démontré une activité suffisamment significative pour devenir un nouveau standard de traitement au stade adjuvant des cancers du sein RH+ [2, 3]. Pour autant, de nombreux travaux sont en cours pour renforcer la position des iCDK4/6 en phase précoce.
Trois d’entre eux sont actuellement disponibles en France : l’abémaciclib, le palbociclib et le ribociclib. Au vu de leur bénéfice au stade avancé, ces trois thérapies ciblées ont été évaluées à un stade plus précoce de la maladie, notamment chez les patients à haut risque de récidive, dont 24 à 31 % rechutent à 7 ans malgré une chimiothérapie et une hormonothérapie périopératoires considérées optimales [2]. Actuellement, seuls l’abémaciclib et le ribociclib ont démontré une activité suffisamment significative pour devenir un nouveau standard de traitement au stade adjuvant des cancers du sein RH+ [2, 3]. Pour autant, de nombreux travaux sont en cours pour renforcer la position des iCDK4/6 en phase précoce.
Résultats principaux de SOLTI VALENTINE : évaluant HER3-DXd seul ou en combinaison avec le létrozole dans le cancer du sein précoce à haut risque, récepteur hormonal positif (HR+)/HER2-négatif
Par
le Dr Alexandre
de Nonneville (INSTITUT PAOLI-CALMETTES - MARSEILLE)
[Déclaration de liens d'intérêts]
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19 juin 2025
L’essai SOLTI VALENTINE explore l’efficacité de HER3-DXd, un anticorps drogue-conjugué anti-HER3, seul ou associé au létrozole, par rapport à la chimiothérapie néoadjuvante dans le traitement des cancers du sein HR+/HER2-négatifs à haut risque, avec des résultats encourageants sur la sécurité et les biomarqueurs.
Quoi de neuf en sénologie ?
Par
le Pr Julien
Peron (CHU LYON SUD - LYON)
[Déclaration de liens d'intérêts]
-
30 avril 2025
Le temps file et l’actualité ne s’arrête pas en oncologie. C’est pourquoi nous avons jugé essentiel d’introduire une nouvelle rubrique consacrée aux mises à jour majeures, directement pertinentes pour la pratique de la cancérologie. Cette section complétera harmonieusement notre premier numéro, paru en septembre 2024, axé sur l’oncosénologie, en vous présentant les actualités marquantes dans ce domaine survenues à la fin de l’année 2024.
Palbociclib : le double salto arrière réussi avec PATINA !
Par
le Pr Florence
Dalenc (INSTITUT CLAUDIUS REGAUD- IUCT- ONCOPOLE - TOULOUSE)
[Déclaration de liens d'intérêts]
-
13 décembre 2024
Un peu plus de 60 % des CS HER2+ expriment les récepteurs hormonaux. Les traitements anti-HER2 ont modifié l’histoire naturelle de ces cancers, même au stade métastatique, mais il apparaît qu’il existe d’autres cibles thérapeutiques que HER2 et que le RE pour ces tumeurs.
Hormonothérapie adjuvante dans les cancers du sein localisés à faible niveau d'expression des récepteurs aux œstrogènes (1 à 10 %)
Par
le Dr Alexandre
de Nonneville (INSTITUT PAOLI-CALMETTES - MARSEILLE)
[Déclaration de liens d'intérêts]
-
1 juin 2024
Les cancers du sein à faible niveau d’expression des récepteurs aux œstrogènes (1 à 10 %) sont traités comme des cancers du sein triple négatifs en France contrairement aux États-Unis où le seuil est à 1 %. Ici, nous rapportons la présentation de données issues d’une large base incluant 357 085 patients, traités ou non par hormonothérapie adjuvante pour un cancer du sein localisé ER-faible...
Le bénéfice des inhibiteurs de CDK4-6 en adjuvant se précise pour les cancers du sein RH+/HER2-
Par
le Pr Florence
Dalenc (INSTITUT CLAUDIUS REGAUD- IUCT- ONCOPOLE - TOULOUSE)
[Déclaration de liens d'intérêts]
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19 avril 2024
Jusque-là, nous disposions des données publiées de deux essais négatifs menés avec le palbociclib en adjuvant – étude PALLAS et PENELOPE B – et d’un essai positif en adjuvant, MonarchE, conduit avec l’abémaciclib. Ce dernier a obtenu une AMM et depuis près de 1 an, un remboursement en France, pour les patientes ayant un cancer du sein RH+/HER2-...
L'oncosexologie en situation adjuvante: apprenons à parler
Par
le Dr Philippe
Toussaint (CENTRE DE LUTTE CONTRE LE CANCER LÉON BÉRARD - LYON)
[Déclaration de liens d'intérêts]
-
13 novembre 2024
Cancer du sein, chimiothérapie, mastectomie, alopécie, ménopause induite… Peu de place pour l’érotisme, pour l’excitation, dans le champ lexical que nous employons tous les jours en oncosénologie. Si notre objectif principal en situation adjuvante reste la survie sans récidive voire la guérison, l’avènement d’une prise en charge intégrative incluant les soins de support précoces avec l’amélioration de la qualité de vie et des séquelles à long terme, devient un objectif de plus en plus prégnant dans nos décisions thérapeutiques.
L’optimisation de ces parcours de soins des cancers du sein, tantôt plus complexes, plus individualisés et/ou plus chroniques, nécessite un accompagnement en soins de support sur mesure, en associant aux historiques de prise en charge des troubles digestifs ou de soutien psychologique par exemple, une nouvelle offre d’aide comme la mise en place d’ateliers d’activité physique adaptée ou la prise en charge des troubles de la santé sexuelle, au vu de l’impact de la maladie et des traitements dans ces domaines jusqu’alors négligé.
L’optimisation de ces parcours de soins des cancers du sein, tantôt plus complexes, plus individualisés et/ou plus chroniques, nécessite un accompagnement en soins de support sur mesure, en associant aux historiques de prise en charge des troubles digestifs ou de soutien psychologique par exemple, une nouvelle offre d’aide comme la mise en place d’ateliers d’activité physique adaptée ou la prise en charge des troubles de la santé sexuelle, au vu de l’impact de la maladie et des traitements dans ces domaines jusqu’alors négligé.
Que penser du rapport HAS sur les signatures moléculaires ?
Par
le Pr Claire
Falandry (HCL - PIERRE-BÉNITE) et le Dr Elisabeth
Carola (GHPSO - CREIL)
29 octobre 2024
La Haute Autorité de Santé a publié en novembre dernier une “actualisation de la population éligible à l’utilisation des signatures génomiques” en limitant l’accès des signatures moléculaires aux patientes atteintes de cancer du sein de stade précoce, sensibles à l’hormonothérapie (RH+), de statut HER2 non surexprimé aux patientes de plus de 70 ans [1].
Cette décision, basée sur les résultats de plusieurs études, dont l’essai ASTER70/GERICO11, scelle l’idée que de tels scores génomiques ne peuvent être considérés en l’état comme des outils d’aide à la décision dans cette population. Néanmoins, elle exclut symboliquement la population âgée – qui représente un tiers des cancers du sein au diagnostic – d’outils de personnalisation des parcours de soins, alors même que leur pronostic est globalement plus péjoratif et les bénéfices observés des avancées thérapeutiques nettement plus faibles que dans la population plus jeune.
Alors que près de 20 000 cancers du sein sont diagnostiqués chaque année après 70 ans en France, il apparaît plus que nécessaire de poursuivre les efforts pour baser les décisions thérapeutiques sur une meilleure connaissance de la biologie tumorale d’une part et de l’hôte d’autre part, au-delà de son âge chronologique.
En tant qu’oncogériatres, nous militons pour que, demain, cette décision de la HAS n’aggrave pas encore les disparités d’accès aux soins qui affectent les patientes les plus âgées, et nous soutenons la poursuite des recherches pour identifier demain la place des signatures génomiques dans l’optimisation de leurs parcours de prise en charge.
Cette décision, basée sur les résultats de plusieurs études, dont l’essai ASTER70/GERICO11, scelle l’idée que de tels scores génomiques ne peuvent être considérés en l’état comme des outils d’aide à la décision dans cette population. Néanmoins, elle exclut symboliquement la population âgée – qui représente un tiers des cancers du sein au diagnostic – d’outils de personnalisation des parcours de soins, alors même que leur pronostic est globalement plus péjoratif et les bénéfices observés des avancées thérapeutiques nettement plus faibles que dans la population plus jeune.
Alors que près de 20 000 cancers du sein sont diagnostiqués chaque année après 70 ans en France, il apparaît plus que nécessaire de poursuivre les efforts pour baser les décisions thérapeutiques sur une meilleure connaissance de la biologie tumorale d’une part et de l’hôte d’autre part, au-delà de son âge chronologique.
En tant qu’oncogériatres, nous militons pour que, demain, cette décision de la HAS n’aggrave pas encore les disparités d’accès aux soins qui affectent les patientes les plus âgées, et nous soutenons la poursuite des recherches pour identifier demain la place des signatures génomiques dans l’optimisation de leurs parcours de prise en charge.
Anticorps conjugués utilisés en sénologie
Par
Mme Florence
Ranchon (HCL - PIERRE BENITE)
[Déclaration de liens d'intérêts]
-
21 octobre 2024
Les anticorps conjugués (ADC, Antibody Drug Conjugate) sont en plein essor en sénologie [1]. Ils permettent de cibler d’avantage l’action cytotoxique sur les cellules tumorales (l’anticorps ciblant un antigène tumoral pour agir au plus près de la tumeur), mais ne sont pour autant pas dénués d’effets indésirables, dépendants du cytotoxique ou payload, relié à l’anticorps et de la nature de l’espaceur (ou linker) utilisé. Les cytotoxiques actuellement combinés dans les ADC sont des poisons du fuseau ou des inhibiteurs puissants de topoisomérase I. La stabilité du linker permet de contrôler le relargage systémique du cytotoxique, impactant directement la tolérance potentielle de l’ADC mais également son efficacité en réduisant la diffusion du cytotoxique dans le microenvironnement tumoral, limitant ainsi l’effet by-stander. En sénologie, trois ADC sont commercialisés en 2024, dont le profil de tolérance est décrit dans le tableau I.
Les inhibiteurs du point de contrôle immunitaire
Par
Mme Reine
Kimbidima (HÔPITAL LYON SUD - HCL - LYON)
[Déclaration de liens d'intérêts]
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14 octobre 2024
L’inhibiteur de point de contrôle immunitaire anti-PD-1, le pembrolizumab, a révolutionné la prise en charge du cancer du sein en redéfinissant les nouveaux standards de traitement dans le cancer du sein triple négatif (CSTN). Devant des résultats cliniques positifs en termes de survie dans ce sous-type de cancer, plusieurs accès dérogatoires à ce médicament ont été accordés afin de faciliter l’accès à l’innovation pour des patientes atteintes d’un CSTN, au stade localisé ou avancé. Ces essais cliniques prometteurs ont ouvert la voie à de nombreuses études évaluant l’efficacité et l’innocuité des inhibiteurs de point de contrôle dans des sous-type moins immunogènes. Cependant, la sélection de patientes répondant le mieux à ces traitements demeure encore aujourd’hui un véritable défi. Une meilleure compréhension des biomarqueurs prédictifs de réponse et des mécanismes de résistances est cruciale pour une véritable optimisation de ces traitements.
Curage axillaire et ganglion sentinelle, où en sommes-nous ?
Par
le Pr Fabien
Reyal (CLCC INSTITUT CURIE - PARIS), le Dr Lauren
Darrigues (INSTITUT CURIE - PARIS) et le Dr Enora
Laas (INSTITUT CURIE - PARIS)
15 septembre 2024
Amélioration de la prédiction de la réponse histologique complète à la chimiothérapie néoadjuvante dans le cancer du sein triple négatif grâce à l'apprentissage profond fédéré
Par
le Dr Pierre-Etienne
Heudel (LYON)
[Déclaration de liens d'intérêts]
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15 septembre 2024
Chimiothérapie ou hormonothérapie de 2e ligne métastasique
Par
le Pr Florian
Clatot (CRLCC HENRI BECQUEREL - ROUEN)
[Déclaration de liens d'intérêts]
-
15 septembre 2024
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