Résumé :
L'utilisation des inhibiteurs de checkpoints immunitaires (ICI) en cancérologie est relativement récente en pratique clinique, et a commencé en 2011 dans le mélanome avec un anti-CTLA-4, l'ipilimumab, puis d'autres produits ont suivi, notamment des anti-PD-1 et anti-PD-L1, et les indications se sont multipliées. Le concept d'ICI (PD-1 et CTLA-4) remonte aux années 1990 et a valu un prix Nobel en 2018 à leurs découvreurs. Ces chercheurs ont montré que ces molécules freinent l'activation des lymphocytes T et que les tumeurs exploitent ces freins pour échapper au système immunitaire. Lever ce frein pouvait donc restaurer une réponse immunitaire antitumorale, mais l'idée d'un rythme circadien impliqué dans leurs mécanismes de fonctionnement était encore inconnue. Or cette idée est pressentie comme cruciale, comme semble l'indiquer la méta-analyse d'une équipe française, dirigée par Thierry Landré et Boris Duchemann, très impliquée dans la recherche sur ce sujet [1]. Nous essaierons d'explorer la physiologie impliquée dans ce phénomène, dont la réalité est, cependant, actuellement contestée.
- Il est fortement suspecté que les immunothérapies sont plus efficaces si elles sont administrées le matin.
- Compte tenu de la longue demi-vie de ces produits, la compréhension physiologique du phénomène n'est pas intuitive.
- D'autres constatations indirectes plaident en faveur de la réalité de ce phénomène : une meilleure efficacité des vaccinations lorsqu'elles sont réalisées le matin, ou le fait que l'inoculation à des modèles murins de cellules tumorales aboutit à des tumeurs de tailles différentes selon l'horaire de l'inoculation.
- Des ébauches d'explications existent : un rythme circadien des cellules de l'immunité, des circuits immuns mus par un rythme circadien...
Cependant, de multiples études rétrospectives publiées ces dernières années (plus de 30) ont indiqué que l'heure de perfusion des ICI, habituellement administrées entre 8 h et 18 h, pouvait avoir un impact sur l'efficacité de ces traitements.
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